Définitions

La violence conjugale et familiale englobe les nombreuses formes de violence, de mauvais traitements ou de négligence que des adultes ou des enfants peuvent vivre dans une relation intime, familiale ou de dépendance.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la violence est « l’usage délibéré ou la menace d’usage délibéré de la force physique ou de la puissance contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fort d’entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal-développement ou une carence » (OMS, Rapport mondial sur la violence et la santé, Genève, 2002).

Le gouvernement du Québec décrit la violence conjugale comme une série d’actes répétitifs comprenant les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique pouvant être vécus dans une relation maritale, extramaritale ou amoureuse, à tous les âges de la vie. (Gouvernement du Québec, Politique d’intervention en matière de violence conjugale. Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, 1995).


Formes

La violence peut se manifester sous diverses formes : faire des commentaires blessants, dénigrer, crier, menacer, frapper sur des objets ou des murs, lancer ou détruire des objets, serrez les bras, bousculer, empoigner, donner des coups, mordre, imposer des relations sexuelles, prendre à la gorge, etc.


Enjeux

La violence comporte, dans tous les cas, des enjeux de pouvoir :

  • décharger des tensions intérieures
  • se protéger contre l’impuissance et la dépression
  • réagir à une situation interprétée comme dangereuse
  • défendre son intégrité
  • forcer les autres à agir différemment
  • venger un affront
  • gagner contre l’autre
  • maintenir ou établir une situation d’autorité

En contexte conjugal, elle peut survenir en lien avec des sujets variés : budget, loisirs, partage des responsabilités et des tâches, sexualité, éducation des enfants, sorties, fréquentations, etc.

 
Fréquence et sévérité

La violence peut se limiter à quelques gestes sans suite ou, au contraire, s’amplifier et devenir de plus en plus dangereuse.

La violence conjugale peut débuter dès le début d’une relation. Elle peut également ne débuter qu’au moment d’une rupture. Elle peut aussi perdurer longtemps après une séparation.

 
Dynamique

La violence peut être initiée et exercée par un seul des partenaires ou par les deux.

Elle peut survenir lors d’un conflit, dans des relations relativement égalitaires ou, au contraire, dans des relations de pouvoir très inégales entre les partenaires.

Certaines agressions peuvent également survenir dans un contexte défensif ou sous forme de riposte immédiate à une agression.

La violence peut aussi être exercée uniquement envers les enfants, par l’un ou l’autre parent, ou par les deux.

La violence peut être limitée au contexte conjugal et familial ou être exercée de manière généralisée.

Certaines personnes usant de violence démontrent une forte expressivité alors que d’autres apparaissent plutôt froides et calculatrices.

Certaines personnes reconnaissent leurs comportements violents comme étant problématiques et désirent changer; d’autres sont ambivalents face au changement; d’autres, encore, estiment qu’elles ne sont pas responsables de leurs comportements violents.

 
Facteurs sociodémographiques

La violence conjugale peut survenir indépendamment de l’âge, du sexe, du revenu, de l’orientation sexuelle ou de l’origine ethnoculturelle.

C’est cependant chez les femmes qu’on observe le plus grand nombre de victimes d’agressions sévères et répétées. La violence conjugale est également plus répandue chez les couples plus jeunes, chez ceux qui vivent en union libre et en contexte de famille recomposée, chez les conjoints de même sexe et au sein des groupes autochtones.

 
Facteurs de risque

Comparativement à la population en général, les personnes ayant développé l’habitude d’user de violence en contexte conjugal et familial ont vécu généralement davantage d’expériences d’abus ou de négligence dans leur famille et d’exposition à la violence conjugale.

Ils ou elles présentent également davantage de signes :

  • d’un niveau élevé de tolérance à la violence
  • de troubles de la personnalité
  • d’attribution d’intention hostile
  • de faible estime de soi
  • de jalousie
  • de faibles habiletés de communication

 
D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation des risques :

  • la consommation abusive de drogue ou d’alcool
  • un contexte de séparation conjugale
  • un niveau élevé de stress
  • la difficulté de régler des conflits
  • la violence de l’un des deux conjoints
  • le niveau de dépendance entre les conjoints